viernes, 12 de febrero de 2016


COLOMBIE : PARAMILITARISME DE « 5ème GENERATION »
Des éléments pour le caractériser et le désarticuler
CARLOS MEDINA GALLEGO
Enseignant – Chercheur
Université Nationale de Colombie
Centre de Réflexion et de Suivi du Processus de Paix - CPSPP
Traducido por Catherine Marchais

Ces dernières années, le phénomène du paramilitarisme a occupé un espace particulier dans les études et les analyses sur le conflit social et armé en Colombie. C’est une thématique d’une importance majeure pour la définition des politiques publiques en matière de sécurité, qu’il convient de traiter d’une manière adéquate dans les comportements institutionnels et sociaux qu’il affecte et dans les liens particuliers et complexes qu’il tisse dans la vie nationale. C’est également devenu une thématique centrale dans les processus de solution politique du conflit armé car sa désarticulation est l’unique garantie permettant de sécuriser le chemin vers une paix stable et durable.

La thématique des bandes criminelles (BACRIM) et du néoparamilitarisme a surgi dans le contexte de la défense que le Gouvernement de la Sécurité Démocratique avait fait des processus de démobilisation des groupes paramilitaires, afin de prouver leur efficacité et leur succès complet. Pourtant, pour un groupe significatif de chercheurs, pour les organisations de la population civile et pour les organismes de défense des droits humains, les bandes criminelles et le néoparamilitarisme sont la continuité du phénomène paramilitaire avec un nouveau nom. Des théoriciens, des experts, des enseignants, des organismes nationaux et internationaux, et l’Etat lui-même, ont multiplié leurs efforts pour constituer une espèce de concept qui puisse distinguer ce phénomène, dans ce qu’il représente pour les dynamiques du conflit social et armé dans le pays.

Les études et les estimations à ce sujet envisagent essentiellement trois approches : La première considère qu’il n’y a rien qui différencie substantiellement les bandes criminelles et le néoparamilitarisme du vieux paramilitarisme ; la deuxième souligne qu’il y a là une reconstitution du phénomène à partir de l’articulation de groupes qui ne s’étaient pas démobilisés et qui se sont renforcés avec le retour des démobilisés quand les programmes du Gouvernement se sont terminés : n’ayant pas trouvé de solution à leur situation, ils se sont retournés vers le développement d’activités du narcotrafic, et ont laissé les bases de la contre-insurrection, quoiqu’ils ne les aient pas complètement abandonnés ; la troisième approche considère qu’il y a là une organisation criminelle bien structurée, dédiée à l’administration du territoire et au développement de l’économie illégale, dans le cadre d’une conception du capitalisme criminel qui irrigue, contrôle, domine des territoires étendus et des populations, et qui a recours aux actifs issus du paramilitarisme et à leur stratégie de la peur et de la terreur. Pour le propos de cet article, il est nécessaire de développer les termes, définitions, caractérisations, sens et interprétations de la réalité actuelle de ces groupes dans différentes régions du pays et de regarder les caractéristiques qu’ils assument dans leurs liens avec les autres acteurs.

Les conceptions au sujet des bandes criminelles et du paramilitarisme en appellent à l’élaboration de référents théoriques basiques qui permettent de délimiter conceptuellement le phénomène et de le caractériser conformément à sa perception et à son existence réelle. Sans prétendre résoudre cette situation en construisant une nouvelle typologie ou une nouvelle théorie complète, nous disons qu’il serait pertinent de souligner ce qui est perçu sur le terrain dans les actions de ces groupes.

A partir de 2007, un modèle de paramilitarisme de cinquième génération a commencé à se développer. Ses caractéristiques essentielles reposent sur les éléments suivants :

Primo. Il existe des groupes illégaux qui agissent de manière active dans différentes régions du pays et qui ont influé de manière continuelle et systématique dans la sphère économique et sociale. Ils ont acquis la reconnaissance tacite de la population qui se comporte de manière prudente et obéissante face à ces structures de nature criminelle.

Secundo. Ces groupes, à différents niveaux, se sont appropriés le territoire et y développent des activités qui se meuvent entre l’illégalité et la légalité, avec des prête-noms qualifiés qui leur permettent d’accéder à des activités économiques conventionnelles, de laver les capitaux et de construire de vigoureuses affaires qui se nourrissent de l’illégalité avec des couvertures légales incontestables.

Tercio. Pour ces groupes, l’activité principale continue à être le narcotrafic mais ce n’est pas la seule. Ils construisent une économie illégale autour de l’impôt maffieux, des micro-marchés des narcotiques, des jeux de hasard, de l’achat-vente, du trafic d’armes et de personnes, de la prostitution, de la contrebande d’essence, de l’extraction minière illégale, parmi des centaines d’autres activités. 

Cuarto. Ils investissent également dans le développement d’affaires conventionnelles, principalement dans l’élevage, l’agriculture, l’agroalimentaire, les mines, le transport et le commerce. 

Quinto. Ces groupes ont atteint un degré élevé d’influence sociale. Dans certaines zones, ils constituent l’autorité et sont source d’emploi pour une population qui a été exclue des circuits économiques conventionnels et qui se trouve dans des conditions de précarité extrême.

Sexto. Leur base sociale est constituée par des groupes familiaux, des relations de parentèle et d’amitié avec des traditions fortes de loyauté. Dans certaines régions, ils ne viennent pas d’ailleurs, ils sont nés et ont grandi dans les processus locaux. Les cas de recrutements forcés sont rares : il y a une incorporation volontaire, recherchée comme alternative de vie face à l’absence d’opportunités.

Septimo. De manière directe ou indirecte, les groupes exercent un contrôle sur la sphère publique. Dans bien des cas, ils contrôlent le pouvoir local et définissent son fonctionnement. Ils ont un régime fiscal parallèle qui fonctionne de manière systématique et sans aucun registre, et qui est considéré comme une contribution aux tâches de sécurité dans la zone qu’ils maintiennent sous leur contrôle.

Octavo. L’exercice de la violence privée est administré à travers la peur et l’intimidation. Les leaders paysans, indigènes, sociaux, communautaires et politiques sont menacés et maintenus sous contrôle. La vigilance sur le territoire cherche à éliminer la présence d’autres bandes et les assassinats qui se produisent correspondent à des logiques de dispute territoriale.

Nono. Ces bandes ont clairement conscience du caractère productif de la violence, de la peur et de la terreur ; elles administrent ces ressources d’intimidation comme des facteurs de production et qui sont une partie essentielle de leurs affaires. C’est ainsi que, quand elles le considèrent utile, elles engendrent des processus de déplacement forcé des populations, elles procèdent à la spoliation « légale » des propriétés qui les intéressent et des biens accumulés qui s’y trouvent.

Decimo. Elles exercent une vigilance permanente sur le territoire, basée sur un système complexe d’espionnage qui concurrence l’efficacité du système institutionnel. Elles continuent à menacer les formes d’opposition contrôlables et à assassiner les personnes et les groupes considérés comme une menace pour leur survie. Pourtant, contrairement à la vieille époque des massacres et des vagues d’assassinats sélectifs, on est passé à une attitude de contrôle du territoire à travers la peur, la persuasion et les alliances stratégiques de non-agression et de coopération, en cherchant essentiellement à ne pas attirer l’attention.

Undecimo. Certains groupes considèrent qu’il est pertinent de maintenir leur nature antisubversive et se regroupent autour de discours politiques alimentés par des assesseurs qualifiés. Ils opèrent même contre les leaders sociaux et politiques caractérisés à gauche et marqués comme terroristes. Ce sont ceux qui se rapprochent le plus de la qualification de « néo-paramilitaires », tout en se nourrissant des chaines productives des affaires illégales complexes.

Duodecimo. Alors qu’il existe une grande prolifération de petits groupes avec différentes dénominations dans tout le territoire national, leur activité et leur importance est délimitée par leur capacité d’action, leur influence sur la vie locale et régionale, et la possibilité d’arriver à imposer des accords et à les faire respecter par d’autres groupes similaires. Certains groupes, grands ou petits, opèrent plus comme des bandes de délinquants que comme des groupes du crime organisé. De nombreux petits groupes succombent par cooptation des grands groupes ou sont anéantis par les opérations de nettoyage qu’ils développent.

Tredecimo. Les bandes criminelles et le néoparamilitarisme ne sont pas confédérés commes les AUC. Ils opèrent territorialement comme des groupes locaux et ne développent plus les expéditions d’occupation de territoires disputés aux guérrillas. Au contraire, dans certaines régions du pays, ils établissent avec elles des accords de non-agression et de distribution du territoire. Les groupes les plus importants sont « Los Rastrojos » (les résidus), « Los Urabeños » (ceux de la province d’Uraba ) et « Aguilas Negras » (Aigles noirs), qui semble plus une raison sociale autour de laquelle on menace et on assassine, qu’un groupe proprement dit.

Quattuordecimo. Les bandes narcotrafiquantes et néoparamilitaires continuent à considérer qu’il est important de contrôler la classe politique locale et régionale. Elle soutiennent et financent avec une grande attention les processus électoraux et politiques, elles cherchent à s’ingérer dans les circuits administratifs.

Le phénomène des BACRIM et du néoparamilitarisme se développe dans les zones rurales ou urbaines, et pas seulement dans les territoires marginalisés. On le rencontre aussi dans les centres de développement économique, social et politique d’importance, dans les grandes villes, dans les principaux départements et régions du pays. C’est la mutation d’un phénomène qui est passé de la lutte anticommuniste et antisubversive, sans l’abandonner, à l’administration criminelle du territoire et aux activités qui rendent possible son développement social, économique et politique.

Il n’existe pas de différence substantielle entre les néoparamilitaires et les bandes criminelles si ce n’est que, pour les premiers, on met l’emphase sur le fait qu’ils sont plutôt liés au contrôle territorial autour du discours antisubversif, alors que les deuxièmes cherchent le développement d’une administration criminelle du territoire, complémentaire de l’économie illégale du narcotrafic et de l’exploitation des ressources minières et agricoles.

Les BACRIM ont des relations avec d’autres agents qui appartiennent à des organisations institutionnelles, commerciales ou délictuelles. Elles s’unissent à eux pour montrer leur potentiel persuasif et violent dans les zones qu’elles maintiennent sous contrôle. Elles ont également un pouvoir économique étonnant, construit sur un processus d’accumulation criminelle du capital. Cela les oblige à compter sur des agents qui coopèrent dans l’administration de leurs affaires et leur indiquent comment se mouvoir et agir dans les circuits économiques.

En synthèse : Conséquence de la politique publique de sécurité et de défense, et résultat de l’échec des processus menés par les gouvernements (Uribe et Santos) avec les organisations criminelles, la société colombienne a vu resurgir le phénomène paramilitaire et sa transmutation vers le contrôle illégal et l’extorsion du territoire. Ce phénomène s’est articulé avec les économies du narcotrafic et l’illégalité, en remplissant de manière supplémentaire des activités de sécurité privée et de contrôle social antisubversif.

Ce paramilitarisme de cinquième génération est beaucoup plus sociétal, sa mimétisation est plus complexe et la manière de le combattre n’est pas du ressort de l’action militaire mais plutôt de l’ordre de l’espionnage et du contre-espionnage de la force publique dans sa capacité à s’infiltrer et à travailler avec les services fiscaux et tous les services de la justice pour désarticuler les noyaux de pouvoir qui le constitue.

La lutte contre cette génération de paramilitaires engage une stratégie de l’Etat organisée autour d’une connaissance profonde du phénomène, de sa complexité, des acteurs et des secteurs qu’il implique et de leur manière d’agir sur le territoire et les populations. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une structure institutionnelle et sociale qui agisse de manière coordonnée, qui se développe aux niveaux national et régional, qui soit constituée par des institutions de la force publique, particulièrement les unités d’espionnage et de contre-espionnage, les services fiscaux, la police judiciaire, les services de la Justice, les organisations de défense des droits humains, pilotés par les Ministères de la Défense et de l’Intérieur, entre autres organismes et institutions qui pourraient former une force institutionnelle suffisamment forte pour affronter et désarticuler le phénomène en prenant en compte les aspects suivants :

Primo. Définir avec une grande clarté une rupture institutionnelle et politique entre l’Etat et le phénomène du paramilitarisme, dans la complexité qu’il entretient sur les champs de l’économique, du social, du politique et du militaire. Il est nécessaire de déparamilitariser l’Etat, en le libérant des approches erronées de la sécurité et de la défense qui impliquèrent des civils et des militaires dans les pratiques illégales et criminelles contre la population civile pour le développement de la lutte contre l’insurrection. Cela sous-tend un travail d’asepsie générale de la force publique et le remplacement de tous les chefs militaires et policiers qui sont impliqués avec le paramilitarisme dans les territoires, ainsi que l’établissement d’un ordre de conduite circonscrit au mandat constitutionnel et au rôle que doit y jouer la force publique.

Le travail d’espionnage et de contre-espionnage à l’intérieur des institutions militaires est essentiel pour leur assainissement. Il s’agit de combattre les pratiques de l’illégalité et de la criminalité des groupes qui opérèrent en leur sein et qui, cherchant des reconnaissances institutionnelles, ont voulu atteindre des résultats indépendamment de la légalité des routes suivies. Il est nécessaire d’être vigilant sur les structures de commandement qui opèrent dans les territoires où le phénomène est consolidé afin d’éviter la cooptation et leur implication dans le paramilitarisme.

Secundo. L’Etat, à travers toutes ses institutions, doit exercer une vigilance stricte sur les élus et sur leurs pratiques de gouvernement dans les territoires où opèrent les groupes paramilitaires. Il doit garantir que les fonctionnaires qui occupent des charges d’administration publique sont libres de tout soupçon de relation avec les groupes paramilitaires. Diriger les actions des organismes de contrôle sur les aspects opérationnels et contractuels de la gestion publique, et sur la veille des exécutions budgétaires, souvent récupérés par le paramilitarisme. Il doit intervenir sur les institutions, les entreprises et les organisations avec qui il contractualise et faire les enquêtes nécessaires permettant de protéger l’exécution budgétaire des pratiques criminelles de corruption tendant au renforcement du paramilitarisme. Il faut soustraire les administrations locales, départementales et nationales des influences et des pressions du paramilitarisme, en sauvegardant l’institutionnalité de l’Etat dans toute sa dimension et complexité. Cela exige de créer dans la mentalité de ceux qui sont liés à l’administration publique, une disposition éthique et morale, et une attitude pratique qui ne se laisse pas impliquer dans des activités liées au pouvoir paramilitaire.

Tercio. Les partis politiques doivent exercer la plus grande vigilance sur leurs dirigeants et sur leurs militants, particulièrement sur ceux qui aspirent à occuper des charges électives. Ils ne peuvent plus continuer à être des fournisseurs de blanc-seing qui permettent à la délinquance du crime organisé du paramilitarisme de s’emparer de l’Etat. Il est nécessaire de récupérer, protéger et garantir la sécurité éthique et politique du système des partis et du système électoral. Le paramilitarisme de cinquième génération a dans ses projets la capture de l’Etat et son instrumentalisation au service du capitalisme criminel. Les directions des partis et leurs comités d’éthique doivent dessiner une stratégie de sécurité pour leur propre organisation concernant ceux qui aspirent, au nom de leur organisation, à la représenter dans le développement de la gestion publique, tout en étant des agents du paramilitarisme.

Cuarto. Il est nécessaire de libérer l’activité économique des pressions extorsives du phénomène paramilitaire et de conduire les chefs d’entreprise, les commerçants, les éleveurs, les agriculteurs, et les travailleurs de tous les secteurs à se maintenir du côté de la légalité, à ne pas établir d’alliance avec les groupes illégaux, à ne pas servir de prête-noms ni accepter le blanchiment d’argent, à ne permettre aucune pratique d’extorsion. L’Etat doit faire un travail intense avec les associations professionnelles et les chefs d’entreprise pour les soustraire aux processus de para-économie et de narco-économie.
Quinto. Il est nécessaire de travailler avec les communautés où le paramilitarisme s’est socialisé, où il a lié ses membres à différents niveaux et avec différentes tâches d’ordre légal ou illégal. Il est urgent de déparamilitariser la mentalité des populations et de dépasser son acceptation du phénomène comme s’il était naturel. 

Une culture de la légalité doit chercher à s’installer dans ces communautés, en s’appuyant sur une offre d’opportunités et une présence de l’Etat chargée de droits. L’église, la famille, l’école, le contexte social et institutionnel en général, doivent fonctionner dans le cadre d’un projet éthique et politique qui ne cherche pas à trouver dans l’illégalité la solution à ses problèmes. Solution dont la responsabilité d’aider à résoudre incombe, en matière sociale et en matière de droits, à la société en général, à l’Etat et au modèle économique en particulier.

La déparamilitarisation de la mentalité citoyenne dans les territoires est un des plus grands défis du processus de paix.

Sexto. Il est nécessaire de suspendre les mécanismes de coercition à travers lesquels se créent les conditions d’impulsion des grands macroprojets dans le pays, et qui sont précédés par des faits de violence auxquels participent les institutions et le paramilitarisme. De même, il est nécessaire de délier les entreprises multinationales des influences et des soutiens qu’elles finissent par prêter aux organisations illégales pour pouvoir développer leurs propres projets économiques dans les territoires.

Septimo. Réaliser les enquêtes juridiques nécessaires pour que les responsables du phénomène paramilitaire et leurs bénéficiaires soient châtiés conformément à la nature et à la dimension de leurs délits, à travers la justice ordinaire car leurs crimes sont commis en dehors de la loi de Justice et Paix et du processus de démobilisation paramilitaire.

Octavo. Etablir et sanctionner les relations étroites du paramilitarisme avec le narcotrafic, le blanchiment d’argent et les pratiques de corruption, en soumettant leurs responsables à la justice.

martes, 9 de febrero de 2016




PARAMILITARISMO DE “QUINTA GENERACIÓN”
Elementos para su caracterización y su desarticulación

CARLOS MEDINA GALLEGO
Docente – Investigador
Universidad Nacional de Colombia
Centro de Pensamiento y Seguimiento al Proceso de Paz –CPSPP- 



En los últimos años, el fenómeno del paramilitarismo ha ocupado un lugar especial en los estudios y análisis sobre el conflicto social y armado en  Colombia. Es un tema de la mayor relevancia para la definición de la política pública en seguridad y para el tratamiento adecuado del fenómeno, en el ámbito de los comportamientos institucionales y sociales afectados por este y sus particulares y complejos relacionamientos con la vida nacional. Pero igualmente, se ha convertido en un tema central en los procesos de solución política del conflicto armado, en la medida que su desarticulación es la única garantía de viajar seguros hacia una paz estable y duradera. 

El tema de las bandas criminales (BACRIM) y el neoparamilitarismo,  surgió en el contexto de la defensa que el Gobierno de la Seguridad Democrática hizo de los procesos de desmovilización de los grupos paramilitares, como una forma de proteger su efectividad y   el éxito total del proceso. Sin embargo, para un grupo significativo de estudiosos, para las formas organizadas de la población civil y para los organismos de derechos humanos, el fenómeno de las bandas criminales y el neoparamilitarismo es la continuidad del fenómeno paramilitar con una nueva denominación. Teóricos, especialistas, académicos, organismos nacionales e internacionales y hasta el propio Estado han intensificado sus esfuerzos para constituir algún concepto que pueda distinguir este fenómeno, en el ámbito de lo que representa para las dinámicas del conflicto social y armado en el  país.

Los estudios y las apreciaciones que se hacen al respecto se mueven en tres enfoques esenciales: el primero considera que no existe nada, entre bandas criminales y neoparamilitarismo, que los diferencie sustancialmente del viejo paramilitarismo, sino que son la misma cosa; el segundo señala que lo que existe allí es la reconstitución  del  fenómeno a partir de la articulación de grupos que no se desmovilizaron y se fortalecieron con el regreso de desmovilizados y que, al agotarse los programas de Gobierno y no encontrar resuelta su situación, dieron un giro hacia el desarrollo de actividades del narcotráfico, y dejaron a un lado los fundamentos contrainsurgentes, aunque no los abandonaron del todo; el tercer enfoque señala que lo que existe allí es una organización criminal bien estructurada, dedicada a la administración del territorio y al desarrollo de las economías ilegales, en el marco de una concepción de capitalismo criminal, que permea, controla y somete extensos territorios y poblaciones y usa los activos heredados del paramilitarismo en materia de miedo y terror. Para el propósito que se fija esta ponencia, es necesario desarrollar los términos, definiciones, caracterizaciones, significados e interpretaciones de la realidad actual de estos grupos en diferentes regiones del país y mirar las características que asumen en sus relacionamientos con otros actores.

Las concepciones que se tienen acerca de las bandas criminales y el neoparamilitarismo convocan a la elaboración de unos referentes teóricos básicos, que permitan delimitar conceptualmente el fenómeno y caracterizarlo de acuerdo con su percepción y su existencia real. Digamos que, sin pretender salvar esta situación construyendo una nueva tipología ni una teoría compleja, sería pertinente señalar qué es lo que se percibe en el terreno sobre el   actuar de estos grupos

A partir de 2007,  comienza a generase un modelo de paramilitarismo de quinta generación cuyas características más esenciales  están dadas por los siguientes  elementos:

Primero. Existen grupos ilegales que actúan de manera activa en distintas regiones del país   y que han influido de manera sistemática y continua en la esfera de lo económico y lo   social y han adquirido el reconocimiento tácito de la población, que se comporta de manera cautelosa y obediente ante estas estructuras de naturaleza  criminal.

Segundo. Estos grupos, a distinto nivel, se han apoderado del territorio y desarrollan en él actividades que se mueven entre lo ilegal y lo legal, con testaferratos cualificados que les permiten   acceder   a   actividades   económicas   convencionales,   legitimando   capitales y construyendo vigorosas economías que se nutren de la ilegalidad con coberturas de  legalidad a prueba de duda.

Tercero. Para estos grupos, la actividad principal sigue siendo el narcotráfico, pero no es la única; construyen una economía ilegal en torno a la renta extorsiva, micromercados de narcóticos, juegos de azar, compraventas, tráfico de armas y personas, prostitución, contrabando de gasolina, minería ilegal, entre otro centenar de actividades.

Cuarto. Igualmente, invierten en el desarrollo de economías convencionales, principalmente en la ganadería, agricultura, agroindustria, minería, transporte y comercio.

Quinto. Estos grupos han alcanzado un alto grado de incidencia social y, en algunas zonas, constituyen autoridad y son una fuente de empleo para una población que ha sido excluida de los circuitos económicos convencionales y se encuentra en condiciones de extrema precariedad.

Sexto. Su base social está constituida por grupos familiares y relaciones de parentesco y amistad con fuertes tradiciones de lealtad. En algunas regiones no son extraños; son nacidos y crecidos en los procesos locales. Los casos de reclutamiento forzado son pocos: hay una incorporación voluntaria y buscada como alternativa de vida ante la ausencia de  opciones.

Séptimo. Los grupos ejercen de manera directa o indirecta control sobre lo público y, en no pocas experiencias, controlan la institucionalidad local y definen su funcionamiento. Tienen un régimen fiscal paralelo, que funciona de manera sistemática y sin registro de ninguna clase, y es considerado una contribución para las labores de seguridad en la zona que mantienen bajo control.

Octavo. El ejercicio de la violencia privada se administra a través del miedo y la intimidación; se amenaza y se tienen bajo control a líderes campesinos, indígenas, sociales, comunitarios y políticos. La vigilancia sobre el territorio está dirigida a acabar la presencia de otras bandas y los asesinatos que se producen corresponden a lógicas de disputa  territorial.

 Noveno. Estas bandas tienen conciencia clara del carácter productivo de la violencia, el miedo y el terror; administran esos recursos de intimidación como factores de producción y son parte sustancial de su negocio. Por ello, generan, cuando lo consideran conveniente, procesos de desplazamiento; proceden al despojo “legal” de las propiedades en las que    están interesados y de los recursos de acumulación existentes.

Décimo. Ejercen sobre el territorio una vigilancia permanente, soportada en un complejo sistema de inteligencia que compite en eficiencia con el institucional. No dejan de operar mediante la amenaza contra las formas de oposición controlables y el asesinato de personas  y grupos considerados una amenaza para su supervivencia. Sin embargo, de la vieja época  de las masacres y las oleadas de asesinatos selectivos, se pasó a una actitud de control del territorio a través del miedo, la persuasión y las alianzas estratégicas de no agresión y cooperación, buscando, en lo esencial, no llamar la atención.

Undécimo. Algunos grupos consideran pertinente mantener su naturaleza antisubversiva y  se agrupan en torno a discursos políticos, alimentados por asesorías cualificadas. Incluso operan contra liderazgos sociales y políticos caracterizados de izquierda y señalados de terroristas. Son los que más se aproximan a la condición de neoparamilitares, pero igual se nutren de las cadenas productivas de las economías ilegales complejas.

Duodécimo. Aunque existe una gran proliferación de pequeños grupos con distintas denominaciones en todo el territorio nacional, su actividad e importancia está delimitada   por su capacidad de fuego, su influencia en la vida local y regional y la posibilidad de llegar e imponer acuerdos y hacerlos respetar por otros grupos similares. Existen grupos mayores   y pequeños grupos que operan más como bandas delincuenciales que como grupos del crimen organizado. Muchos de esos pequeños grupos sucumben a la cooptación de grupos mayores o son aniquilados en las labores de limpieza que estos desarrollan.

Decimotercero. Las bandas criminales y el neoparamilitarismo no están confederados como las AUC. Operan territorialmente como grupos locales y ya no desarrollan las campañas expedicionarias de ocupación de territorios en disputa con las guerrillas; al contrario, en algunas regiones del país establecen con estas acuerdos de no agresión y de distribución de territorio. Los grupos más relevantes son Los Rastrojos, Los Urabeños y Águilas Negras, que parece ser más una razón social en torno a la cual se amenaza y asesina, que un grupo propiamente dicho.

Decimocuarto. Las bandas, narcotraficantes y neoparamilitares, siguen considerando importante el control de la clase política local y regional; apoyan y financian con mayor cautela los procesos electorales y políticos y buscan tener injerencia en los aspectos administrativos.

El fenómeno de las BACRIM y del neoparamilitarismo se desarrolla en los ámbitos rurales   y urbanos y no solo en los territorios marginales; igualmente, en centros de desarrollo económico, social y político de importancia relevante, en las grandes ciudades, en los principales departamentos del país y en las regiones de principal desarrollo económico. Constituye la mutación de un fenómeno que migró de la lucha anticomunista y antisubversiva, sin abandonarla, hacia la administración criminal del territorio y de las actividades que posibilitan su desarrollo social, económico y  político.

No existe una diferencia sustancial entre neoparamilitares y bandas criminales distinta al énfasis que se hace en que los primeros están mucho más coordinados con el control territorial en torno al discurso antisubversivo, y los segundos buscan el desarrollo de una administración criminal del territorio, complementaria a la economía ilegal del narcotráfico  y a la explotación de recursos mineros y agropecuarios.

Las BACRIM tienen relación con otros agentes que pertenecen a organizaciones institucionales, empresariales o delictivas. Se unen a ellos para mostrar su potencial persuasivo y violento en las zonas donde mantienen el control. Igualmente, cuentan con un sorprendente poder económico, construido en un proceso de acumulación criminal de capital, que los obliga a contar con agentes que cooperan en la administración de sus economías y les señalan cómo deben moverse y actuar en los circuitos  económicos.

En síntesis, como consecuencia de la política pública de seguridad y defensa, y como resultado del fracaso de los procesos adelantados por los gobiernos (Uribe y Santos) con las organizaciones criminales, la sociedad colombiana ha visto un resurgimiento del fenómeno paramilitar  y  su  transmutación  hacia  el  control  ilegal  y  extorsivo  del  territorio.     Este fenómeno se ha articulado con las economías del narcotráfico y la ilegalidad, que cumple   de manera suplementaria actividades de seguridad privada y control social antisubversivo.

Este paramilitarismo de quinta generación, es mucho más societal, su mimetización es más compleja y la manera de combatirlo no está en el campo de la acción militar, sino, en las tareas de inteligencia y contrainteligencia de la fuerza pública y en su capacidad para insertarse e ir conjuntamente con la fiscalía y todo el sector judicial desarticulando los nudo de poder que lo constituyen.

La lucha contra esta generación de paramilitares compromete una estrategia estatal organizada en torno al conocimiento profundo del fenómeno, su complejidad, los actores y sectores que involucra y la manera como operan sobre el territorio y las poblaciones. Para ello,  es necesario construir una estructura institucional y social que opere coordinadamente y se desarrolle en los ámbitos de lo nacional y lo regional, constituida por instituciones como la fuerza pública, en particular sus unidades de inteligencia y contra inteligencia, La fiscalía, el CTI, la Rama Judicial, la Contraloría, La Procuraduría, la Defensoría del Pueblo, Organizaciones de Derechos Humanos y bajo la orientación de los Ministerios de defensa y del Interior, entre otros organismos e instituciones que puedan formar una fuerza institucional lo suficientemente vigorosa como enfrentar y desarticular el fenómeno, que debe tomar en consideración los siguientes aspectos:

Primero. Definir con toda claridad una ruptura institucional y política del Estado con el fenómeno del paramilitarismo en la complejidad que el mismo tiene en los ámbitos de lo económico, lo social, lo político y lo militar. Es necesario desparamilitarizar el Estado, liberándolo de los desviados enfoques de la seguridad y la defensa que involucraron a civiles y militares en los ámbitos de las prácticas ilegales y criminales contra la población civil en el desarrollo de la lucha contra la insurgencia. Esto implica un trabajo de asepsia general de la fuerza pública y el relevo de todos los mandos militares y de policía que estén involucrados con las prácticas paramilitares en los territorios, a la vez que el establecimiento de un orden de conducta circunscrito al mandato constitucional y al rol que en él debe jugar la fuerza pública.

El trabajo de inteligencia y contrainteligencia al interior de la institucionalidad militar es esencial para su saneamiento, se trata de combatir las practicas de ilegalidad y criminalidad de los grupos que operarán a su interior buscando en los logros alcanzados, independientemente de la legalidad de la rutas seguidas, los reconocimientos institucionales. Es necesario mantener vigilancia sobre las estructuras de mando que operan en territorios donde el fenómeno se ha consolidado, para evitar la cooptación y el involucramiento de estos con el paramilitarismo.

Segundo. El Estado a través de toda su institucionalidad debe ejercer una estricta vigilancia sobre los funcionarios públicos de elección popular y sobre sus prácticas de gobierno en los territorios en donde operan los grupos paramilitares. Debe preocuparse por garantizar que a los cargos de la administración pública lleguen funcionarios que estén libres de toda sospecha de su relación con los grupos paramilitares. Direccionalizar las acciones de los organizamos de control en los aspectos operativos y de contratación de la gestión pública y en la vigilancia de las ejecuciones presupuestales,  muchas veces capturadas por el paramilitarismo. Debe intervenir con las instituciones, empresas y organizaciones con quienes  se contrata y hacer las investigaciones que sean necesarias para brindar la ejecución presupuestal de prácticas criminales de corrupción dirigidas al fortalecimiento del paramilitarismo. Hay que sustraer a las administraciones locales, departamentales y nacionales, de las influencias y presiones del paramilitarismos, salvaguardando la institucionalidad del Estado en su dimensión y complejidad. Esto demanda, crear en la mentalidad de quienes están articulados a la administración pública una disposición ética y moral y una actitud practica para no dejarse involucrar en actividades relacionadas con el poder paramilitar.

Tercero. Los partidos políticos tienen que ejercer sobre sus dirigentes y sus militancias y, en particular,  sobre quienes aspiran a desempeñarse en los cargos de elección popular la más estricta vigilancia, no pueden seguir siendo un dispensador de avales, que posibilita que la delincuencia del crimen organizado del paramilitarismo se tome el Estado. Es necesario recuperar, poner a salvo y brindar la seguridad ética y política del sistema de partidos y del sistema electoral. El paramilitarismo de quinta generación tiene entre sus propósitos la captura del Estado y su instrumentalización al servicio del capitalismo criminal. Las direcciones de los partidos y sus comités de ética tienen que diseñar una estrategia de seguridad para su propia colectividad en relación con quienes aspirar a nombre de la colectividad a representarla en el desarrollo de la gestión pública, siendo agentes del paramilitarismo. 

Cuarto. Es necesario sanear la actividad económica de las presiones extorsivas del fenómeno paramilitar y conducir a los empresarios, comerciantes, ganaderos, agricultores  y trabajadores de todo orden a mantenerse del lado de la legalidad, no establecer alianzas con grupos ilegales, no prestarse para el testaferrato y el lavado de activos, no permitir presiones extorsivas  de ningún tipo. El Estado debe hacer un intenso trabajo con las organizaciones gremiales y de empresarios para sustraerlos de procesos de para-economía y narco-economía.

Quinto. Es necesario trabajar con las comunidades en donde el paramilitarismo se ha societalizado, ha vinculado a distinto niveles y en distintas tareas de orden legal e ilegal a sus miembros. Es urgente desparamilitarizar la mentalidad de las poblaciones y superar su aceptabilidad de ese fenómeno como natural.

Una cultura de la legalidad debe buscar instalarse en estas comunidades soportada por una oferta de oportunidades y una presencia estatal cargada de derechos. La iglesia, la familia, la escuela y en general el contexto social e institucional debe funcionar en el marco de un proyecto ético y político que no busca en la ilegalidad encontrar la solución a los problemas que, en materia social y de derechos, es responsabilidad de la sociedad en general, el Estado y el modelo económico en específico, ayudar a resolver.

La desparamilitarizacion de la mentalidad ciudadana en los territorios es uno de los mayores retos que tiene el proceso de paz, en la lucha contra este fenómeno

Sexto. Es necesario suspender los mecanismos coercitivos a través de los cuales se crean las condiciones para el impulso de los grandes macroproyectos en el país y que están precedidos de hechos de violencia en los que participa la institucionalidad y el paramilitarismo; igualmente, es necesario desvincular a las empresas trasnacionales de las influencias y los apoyos que terminan prestando a las organizaciones ilegales para poder desarrollar en los territorios sus propios proyectos económicos.

Séptimo. Realizar las investigaciones jurídicas necesarias para que los responsables del fenómeno paramilitar y sus beneficiarios sean castigados conforme a la naturaleza y a la dimensión de sus delitos, a través de la justicia ordinaria en razón que sus crímenes se cometen por fuera de la ley de Justicia y paz y del procesos de desmovilización paramilitar.

Octavo. Establecer y sancionar las estrechas relaciones del paramilitarismo con el narcotráfico, el lavado de activos y las prácticas de corrupción, sometiendo a la justicia a sus responsables.    




                 

sábado, 6 de febrero de 2016



Un llamado urgente
CAMILO TORRES RESTREPO Y LA COLOMBIA DE HOY


Camilo Torres Restrepo: el cristiano, el intelectual, el político, el humanista, el sacerdote, el guerrillero, el hombre íntegro y generoso con la transformación de Colombia; cada parte de sí permanece en nuestro país. Su pensamiento y obra recorren la Colombia popular, digna, heroica y consagrada, sus ideas y convicciones que lo animaron a  trabajar por la causa popular, en la que vivió de manera genuina y transparente, para quedarse como ejemplo y derrotero. Su vida nos anima hoy y siempre.

A su memoria debemos respeto y compromiso, 50 años después de su consagración como líder humilde y ejemplar. Nos reafirmamos en el convencimiento de que Colombia debe ser una nación para la vida, la democracia y la equidad.

Medio siglo de rebelión armada busca su cauce en una Colombia transformada. Tenemos el encargo de participar en forma activa y sostenida en el impulso de un nuevo momento de la nación, sin violencia ni autoritarismos, con oportunidades y garantías para el quehacer social y político, en pos de una Colombia en la que todas sus hijas e hijos, tengamos un lugar digno y alegre para ejercer una ciudadanía de calidad.

Es la hora de cerrar el conflicto armado y en esta causa y empeño, sabemos que contamos con los hombres y mujeres del Ejército de Liberación Nacional (ELN). Sus energías, experiencias y convicciones tienen lugar en una acción política con garantías y sin armas. Ese es nuestro anhelo.

Estos días, en los que tenemos presente la memoria, ejemplo y pensamiento de Camilo Torres Restrepo, llamamos al gobierno del presidente Juan Manuel Santos y al ELN a iniciar la fase publica del proceso de diálogos y negociaciones. Sepan que en ella cuentan con nuestro  compromiso para participar de manera responsable, en la construcción de un acuerdo, que permita la transformación de la insurgencia en una fuerza social y política civil, que sigue caminando por Colombia, con el ideario de Camilo Torres Restrepo.


IVAN CEPEDA
ANGELA MARIA ROBLEDO
ALIRIO URIBE
LUCHO CELIS
CARLOS MEDINA GALLEGO

Personas y organizaciones que deseen firmar este pronunciamiento que se hará público el 15 de febrero, por favor escribirle a Luis Eduardo Celis al correo: luchocelis@gmail.com


Agradecemos la difusión de esta iniciativa, en busca del más amplio respaldo

lunes, 1 de febrero de 2016


¿QUIEN TIENE LA LLAVE PARA ABRIR EL PROCESO DE DIÁLOGOS GOBIERNO-ELN?...

CARLOS MEDINA GALLEGO
Docente- Investigador
Universidad Nacional de Colombia
Centro de Pensamiento y Seguimiento al Proceso de Paz

Acaba de irse el primer mes del 2016 y todavía no se ve humo blanco que nos indique que todo está listo para hacer el anuncio del inicio de la fase pública de los diálogos entre el Gobierno Nacional y el Ejército de Liberación Nacional –ELN-.

El país entero está a la expectativa del inicio de este proceso,  que se hace más urgente en la medida que avanzan los diálogos de la Habana, porque es absolutamente claro, que si no se encuentra una salida política al conflicto armado con el ELN, todos los esfuerzos realizados, siendo importantes, son insuficientes, pues se mantendrán todas las lógicas de guerra que han golpeado al país en los últimos cincuenta años. Digámoslo de manera explícita: sin el ELN en una mesa de conversaciones llegando a acuerdos de terminación del conflicto,  NO habrá paz.

Lo extraño de esta situación,  es que una y otra de las partes,  viven llamando la atención a este respecto y haciéndose mutuas invitaciones al inicio del proceso de conversaciones públicas, que son las que conducen a los acuerdos de terminación del conflicto. El Presidente de la Republica Juan Manuel Santos, el Alto Comisionado Sergio Jaramillo, el Jefe de la Delegación del Gobierno, Humberto de la Calle, llaman al ELN a una Mesa de Conversaciones en cuanto escenario público pueden hacerlo y, no menos urgentes,  son los llamados que Nicolás Rodríguez Bautista, Antonio García, Pablo Beltrán y, en general,  la Dirección del COCE, hacen con insistencia al Gobierno a iniciar una Mesa Publica de Conversaciones.
  
Si las partes reconocen la necesidad de este propósito común no se entiende por qué ese proceso no echa a andar. Quienes hemos estado cerca como artesanos silenciosos del mismo hemos colocado ante la opinión pública nuestros puntos de vista de manera insistente con el propósito de ayudar a construir entendimientos. Lo que sabemos es que ya no es un problema de agenda,  según lo ha hecho saber Nicolás Rodríguez Bautista y, seguramente, tampoco de logística y acompañamientos, porque toda la comunidad internacional está volcada a apoyar el proceso de paz en nuestro país. ¿Qué es entonces lo que dificultad el inicio de estas conversaciones que llevan al Presidente a señalar que el proceso con el ELN todavía no está listo?...

El gobierno tiene que entender que el ELN es una organización diferente a las FARC y que no le puede dar un tratamiento de “hermano menor” o residual. Debe dejar que el proceso ande conforme a lo acordado y que la organización vaya encontrando en las conversaciones los acuerdos que son posibles en el desarrollo de unos diálogos asumidos con la mayor objetividad y realismo. El ELN, por su parte debe ir madurando la idea que hay temas que son comunes y que es necesario que puedan producirse en las conversaciones las convergencias prácticas que permitan recoger del proceso de la Habana,  aspectos que ya han sido tratados, por señalar algunos, justicia, victimas, democracia.., sin que ello signifique renunciar a la especificidad de las visiones.

La agenda que se haya acordado con el ELN, como sus metodologías y enfoques, deben asumirse con el mayor rigor y respeto. Si bien, el ELN, tiene la posibilidad de asumir o no el proceso, el gobierno tiene la obligación de tomar la iniciativa en términos de convocatoria, debe flexibilizar sus posturas y espantar sus dudas e inseguridades. Creo que al gobierno le ha faltado osadía en relación con este proceso y eso se debe a su afán de mantenerse en la línea de lo acordado con FARC y de la experiencia acumulada en la Habana, lo que es equivocado. El gobierno tiene que abrirse en iniciativa e imaginación, para poder dar curso a un proceso que se fija el mismo propósito, pero,  con un actor cuya naturaleza es distinta.

No deja de preocupar el hecho que el ELN haya, al parecer, por lo dicho en su comunicado del 30 de Enero en respuesta a De la Calle, perdido comunicación con el gobierno desde Noviembre del 2015 y,  que en la última sesión de la fase exploratoria, no se haya acordado nueva fecha.

El proceso de conversaciones tiene una puerta de entrada con dos llaves hechas de voluntad política. Tanto Gobierno como el ELN han hecho explicita manifestación de estar dispuestos a iniciar la mesa pública. Pues bien, el momento histórico los llama a duplicar esfuerzos y a ponerse de acuerdo para instalar en lo inmediato sin más dilaciones esa mesa.


El anuncio del inicio de las conversaciones entre el Gobierno Nacional y el ELN, le dará al proceso de paz nuevas y reconfortantes vitalidades, generara dinámicas sociales y políticas de nuevo orden, ayudara a construir auténticas e integrales motivaciones de paz, disminuirá el escepticismo y sobre todo, ayudara para que las insurgencias vuelvan a conversar sobre procesos unitarios,  ya no para desarrollar la guerra, sino para garantizar una nueva forma de vivir y habitar en la democracia,  sin renunciar a construir una sociedad más digna, erigida sobre el ejercicio pleno de la libertad y un mayor esfuerzo por construir cada día justicia social.                        

domingo, 31 de enero de 2016


¡CAMILO Vive 50 años!!!
2016 Año del Amor Eficaz

CARTA ABIERTA A LAS ORGANIZACIONES Y MOVIMIENTOS SOCIALES SOBRE LAS ACTIVIDADES DE CONMEMORACIÓN DE LOS 50 AÑOS         ¡CAMILO VIVE!!! 


Como comisión voluntaria que ha venido impulsando diversas actividades para conmemorar los 50 años de la muerte del Padre Camilo Torres Restrepo, nos dirigimos a todos los interesados en participar en dichos actos para compartir con ustedes estas informaciones básicas:

1. Con el ánimo de resaltar la inspiración más central y profunda del testimonio de Camilo, hemos querido llamar este año 2016 El Año del Amor Eficaz.

2. Miembros de esta Comisión han apoyado y hecho operativa la decisión de un grupo de familiares y allegados de Camilo, de exigir una vez más, mediante acciones jurídicas, la entrega de sus restos y su colocación en una sepultura digna y públicamente conocida y accesible. Luego de muchas diligencias, se ha realizado la exhumación de unos restos ubicados en el panteón militar de la V Brigada del Ejército en Bucaramanga, los cuales, según algunos indicios, podrían ser los de Camilo. Recientemente Medicina Legal ha iniciado los estudios científicos correspondientes para establecer la identidad de los mismos.

3. Otros miembros de esta Comisión han realizado las gestiones conducentes, con el apoyo de diversas organizaciones, para adquirir en propiedad el sitio de Patio Cemento, en el municipio de El Carmen de Chucurí, Santander, donde Camilo cayó muerto el 15 de febrero de 1966. Ahora ese pedazo de terreno, de un poco más de dos hectáreas, es propiedad del movimiento popular y Camilista.

4. Se ha organizado una PEREGRINACIÓN NACIONAL A PATIO CEMENTO, sitio donde murió Camilo, el domingo 14 de febrero. El día anterior, sábado 13 de febrero, se realizará un CONCIERTO EN BARRANCABERMEJA, en el Parque Camilo Torres, a las 18:00 horas, con participación de algunos artistas nacionales y extranjeros. Ese mismo día a las 14:00 horas habrá un FORO EN EL CLUB INFANTAS de Barrancabermeja. La participación en estos actos es libre y para ello invitamos a todas las personas que quieran rendirle este homenaje a la memoria de Camilo. Los participantes pueden llegar a Barrancabermeja el sábado 13 y de allí partirá la peregrinación hacia Patio Cemento el domingo 14 a las 05:00 horas. En Patio Cemento habrá una CELEBRACIÓN ECUMÉNICA A LAS 09:00 HORAS y a partir del medio día las delegaciones regresarán a sus sitios de origen. Sabemos que en el Nororiente del país (Arauca, Catatumbo, Bolívar, Cesar, Santanderes, ya se han inscrito alrededor de 700 participantes) La otras regiones del país quedan invitadas a organizar sus delegaciones. Cada región costea sus desplazamientos y alimentación. La USO de Barrancabermeja ha ofrecido conseguir sitios de camping para la noche del 13 al 14. Campesinos de Patio Cemento venderán almuerzos en el sitio, a precios módicos.

5. La Universidad Nacional de Colombia ha creado una Comisión Científica para la recuperación de la obra de Camilo que se publicará en cuatro volúmenes y ha creado el Centro de Pensamiento “Camilo Torres Restrepo” que está a cargo de la preparación  de la SEMANA CAMÍLISTA que se desarrollará entre el 15 y el 19 de Febrero, con actividades ecuménicas, académicas, artísticas y culturales en general. Anexamos el plegable de la Semana Camilista en la Universidad Nacional, así como el programa de la Cátedra Manuel Ancízar, la cual estará dedicada este año a la memoria de Camilo Torres, su obra y su tiempo. Esta cátedra se desarrollará entre el 6 de Febrero y el 28 de Mayo en el auditorio León de Greiff y contará con la participación de reconocidos y destacados académicos e investigadores sociales y políticos.

El 15 de febrero a las 10:30 a. m., día y hora en que murió Camilo 50 años antes, se celebrará una EUCARISTÍA EN LA CAPILLA DE LA UNIVERSIDAD NACIONAL, presidida por el Arzobispo de Cali, Monseñor Darío de Jesús Monsalve, en la cual tendrán momentos de participación las diversas iglesias cristianas. Invitamos muy especialmente a participar en este acto.

El mismo día 15 de febrero a las 19:30 se presentará en el auditorio Leon de Greiff de la Universidad Nacional la obra de teatro CAMILO, del Grupo de Teatro La Candelaria, dirigida por Patricia Ariza.

6. El cineasta Diego Briceño, con la colaboración de varios grupos y organizaciones, ha preparado un documental titulado EL RASTRO DE CAMILO, el cual será lanzado el mismo día 15 de febrero por Señal Colombia a las 20:00 horas.

7. El Colectivo Frente Unido ha preparado la publicación de un álbum de fotografías de Camilo, con 150 fotos, titulado El Revolucionario Sonriente. También han distribuido, por segunda vez, un Calendario con fotografías y fechas memorables de la vida de Camilo.

8. La UNIVERSIDAD PEDAGÓGICA NACIONAL y la Editorial CODICE, preparan la co-edición de un libro, inicialmente preparado por Bernardo Arias, gran admirador y promotor de la memoria de Camilo, quien falleció en octubre de 2015, titulado: CAMILO, mirar y juzgar … soñar y actuar. Contiene el pensamiento de Camilo en sus textos, organizados por temas, y 10 artículos de personas muy cercanas a Camilo, con un epílogo de textos convergentes de Camilo y del Papa Francisco.

9. Han sido digitalizados todos los números del periódico FRENTE UNIDO, en sus tres etapas (la primera dirigida por Camilo, en 13 números; la segunda por Monseñor Germán Guzmán, en 12 números y la tercera por sacerdotes del Grupo Golconda, en 17 números). Se espera poder distribuir en febrero un CD con todos los números del periódico.

10. Se ha invitado a todos los periódicos alternativos a distribuir el 15 de febrero una SEPARATA COMÚN, referida al legado de Camilo, especialmente a su mensaje sobre la UNIDAD POPULAR.

11. Se están desarrollando actividades económicas de solidaridad para financiar la elaboración de una estatua en arcilla cruda, tamaño natural (1.83) en técnica hiperrealista,  que ha de servir de memoria a la conmemoración del Cincuentenario.

Invitamos a todos, en la medida de las posibilidades institucionales, organizativas y personales, a ayudarnos con la financiación solidaria de muchas de estas actividades que no cuentan con ningún apoyo financiero, para lo cual se ha habilitado la Cuenta de Ahorro  07770175243 de Davivienda a nombre de Carlos Medina Gallego. En muchas organizaciones se han distribuido bonos de diversos valores para que todo el mundo pueda vincularse operativamente a los actos de esta conmemoración.

12. Además de estas actividades, las distintas regiones desarrollarán sus propias jornadas de conmemoración en el marco de programaciones autónomas.

13. Finalmente, invitamos a toda la sociedad colombiana a conmemorar este cincuentenario revaluando la figura y el legado de Camilo, rompiendo los clichés restringidos y/o peyorativos con que los medios han marcado su memoria, reviviendo al hombre altruista radical, al sacerdote, al académico, al líder social, al político honesto, al cristiano consecuente, al teólogo, al sociólogo, y por sobre todo al apóstol del amor eficaz al pueblo, quien se jugó su vida por un ideal que todos perseguimos: una sociedad justa y humana.

A todas las organizaciones populares, a los movimientos sociales y partidos alternativos, los invitamos a reflexionar y proyectar operativamente caminos eficaces de UNIDAD, siguiendo la sabia y central consigna de Camilo: prescindir de todo lo que nos divide e insistir en todo lo que nos une.


Cordialmente, en nombre del grupo voluntario impulsor del cincuentenario,


CARLOS MEDINA GALLEGO                   
JAVIER GIRALDO MORENO, S. J.